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Je suis comme vous - presque, je suis une femme d’aujourd’hui.

Je suis comme vous – presque, je suis un homme d’aujourd’hui.

 

J’ai une famille, l’opportunité de vivifier  un sens de l’engagement, j’ai modestement une culture politique et générale. J’ai un métier qui s’apparente à une passion, où je me sens libre d’agir, d’inventer et d’initier avec des HOMMES et des FEMMES pareillement, des jeunes et moins jeunes, des personnes de toutes origines et j’appartiens à des réseaux sociaux (amicaux, d’activités, politiques, associatifs) très mixte et où jamais je n’ai eu l’impression de subir, observer des discriminations ou signalement de genre.

Je vis dans un pays dit des « droits de l’Homme » où maintes révoltes et révolutions, mouvements sociaux, résistances, combats ont eu lieu qui ont souvent renforcé et gagné plus de liberté, d’égalité, de progrès, d’universalisme.

 

Dans ce pays quasi 3 femmes meurent par semaine sous les coups de leurs conjoints, 200 femmes sont violées par jour, des disparités importantes de salaires aux mêmes fonctions et responsabilités perdurent entre femmes et hommes et une sous représentation politique des femmes met notre chambre des députés parmi les moins paritaires d’Europe.

Dans ce pays, les femmes votent depuis 66 ans, ont le droit de décider de leur grossesse ou de son interruption depuis 32 ans…

 

J’ai été élevé comme une petite fille, j’ai été élevé comme un petit garçon, dans l’idée d’une « répartition et construction» des genres et des tâches, pouvoirs ou responsabilités qui très vite a semblé naturelle et acquise à celles et ceux qui l’entretiennent et/ou la reproduisent, dont nous en premier, et très vite m’a assignée, m’a assigné à des rôles, fonctions, places, droits et devoirs différents d’un sexe à l’autre, clairement non égalitaires.

 

Je suis comme vous – presque, et je suis aujourd’hui extrêmement triste et choquée, triste et choqué  des commentaires de nombres politiques et élites entendus sur toutes les ondes qui nous laissent penser qu’un « viol n’est pas mort d’homme », qu’une « fellation forcée », ça n’est pas vraiment une agression sexuelle, qu’on a affaire à un « Troussage domestique » comme cela se fait dans toutes les grandes familles, ou encore qu’une juge américaine n’a pas a traité DSK comme un citoyen normal, que ce dernier « à un rang et une envergure qui devrait lui éviter le parcours de la prison là-bas… »

Je suis triste et choquée, triste et choqué et j’habite ce pays là où visiblement la présomption de victime a moins de poids que celle – oh combien fondamentale – d’innocence.

J’habite ce pays où l’on préfère stigmatiser et diviser plutôt que stimuler l’empathie et l’intelligence collective.

Je suis une femme « bien élevée », je suis un homme « bien élevé », qu’on aime « bien à sa place », mais qui préfère bouger les lignes et  qui ne comprend plus pourquoi certains se privent autant de ce fabuleux et innovant projet – essentiel au monde et à l’humanité – d’une société plurielle, contributive, paritaire qui s’associe les actes, pensées, idée,  points de vues de TOUS et TOUTES, de toutes les cultures, de toutes les préférences sexuelles, de tous les parcours...

 

Comme le pensait Mao, peut-on vivre plus longtemps en se privant de la moitié du ciel ?

 

Bien à vous TOUTES et TOUS

Christelle et Laurent

 

 

 

 

Osez le féminisme, La Barbe et Paroles de Femmes ont lancé samedi un appel intitulé "Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent"

 

Dimanche, à 9h, cet appel avait déjà été signé par 10 000 personnes

Parmi les signataires : Audrey Pulvar, Florence Foresti, Gisèle Halimi, Clémentine Autain, Françoise Héritier, Virginie Despentes, Christine Ockrent, Florence Montreynaud, Isabelle Alonso, Marie-Françoise Colombani, Agnès Bihl, Annie Ernaux, Geneviève Fraisse, Julien Bayou, Patric Jean, Dominique Méda, Annick Coupé, Caroline Mecary, Giulia Foïs...

Plusieurs associations féministes soutiennent également l'appel comme le Planning Familial, Choisir la Cause des Femmes, la CLEF, Mix-Cité, l'inter-LGBT, le Laboratoire de l'Egalité, les Chiennes de Garde, la Maison des Femmes de Montreuil, Le Collectif de Pratiques et de Réflexions Féministes « Ruptures », le Réseau Féministe « Ruptures », Bagdam Espace lesbien, SOS Les mamans, Association la Lune, l'ANEF, l'Espace Simone de Beauvoir, La Ligue du Droit International des Femmes

 

 

Nous appelons toutes celles et ceux qui s'insurgent contre le déferlement sexiste auquel nous assistons depuis une semaine à se rassembler :

RDV DIMANCHE 22 MAI à 17h
Place Igor Stravinsky, près de Beaubourg à Paris

 

Participez nombreuses et nombreux à ce rassemblement festif contre le sexisme et faites circuler l'information autour de vous, notamment via l'événement Facebook créé à cet effet.

 

Sexisme : ils se lâchent, les femmes trinquent

 

Depuis une semaine, nous sommes abasourdies par le déferlement quotidien de propos misogynes tenus par des personnalités publiques, largement relayés sur nos écrans, postes de radios, lieux de travail comme sur les réseaux sociaux. Nous avons eu droit à un florilège de remarques sexistes, du « il n’y a pas mort d’homme » au « troussage de domestique » en passant par « c’est un tort d’aimer les femmes ? » ou les commentaires établissant un lien entre l’apparence physique des femmes, leur tenue vestimentaire et le comportement des hommes qu’elles croisent.

 

Nous sommes en colère, révoltées et révoltés, indignées et indignés.

Nous ne savons pas ce qui s’est passé à New York samedi dernier mais nous savons ce qui se passe en France depuis une semaine. Nous assistons à une fulgurante remontée à la surface de réflexes sexistes et réactionnaires, si prompts à surgir chez une partie des élites françaises.

Ces propos illustrent l’impunité qui règne dans notre pays quant à l’expression publique d’un sexisme décomplexé. Autant de tolérance ne serait acceptée dans nul autre cas de discrimination.

 

Ces propos tendent à minimiser la gravité du viol, tendent à en faire une situation aux frontières floues, plus ou moins acceptable, une sorte de dérapage. Ils envoient un message simple aux victimes présentes et futures : « ne portez pas plainte ». Nous le rappelons : le viol et la tentative de viol sont des crimes.

Ces propos prouvent à quel point la réalité des violences faites aux femmes est méconnue. De la part d’élites qui prétendent diriger notre société, c’est particulièrement inquiétant. 75 000 femmes sont violées chaque année dans notre pays, de toutes catégories sociales, de tous âges. Leur seul point commun est d’être des femmes. Le seul point commun des agresseurs, c’est d’être des hommes.

 

Enfin, ces propos font apparaître une confusion intolérable entre liberté sexuelle et violence faite aux femmes. Les actes violents, viol, tentative de viol, harcèlement sont la marque d’une volonté de domination des hommes sur le corps des femmes. Faire ce parallèle est dangereux et malhonnête : ils ouvrent la voie aux partisans d’un retour à l’ordre moral qui freine l’émancipation des femmes et des hommes.

Les personnalités publiques qui véhiculent des stéréotypes qu’on croyait d’un autre siècle insultent toutes les femmes ainsi que toutes celles et ceux qui tiennent à la dignité humaine et luttent au quotidien pour faire avancer l’égalité femmes – hommes.

 

Retrouver et signer l’appel à :

http://www.osezlefeminisme.fr/article/sexisme-ils-se-lachent-les-femmes-trinquent