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Primaires ? J.P. LEFEBVRE PDF Imprimer Envoyer

Un petit coup de pouce à la grande histoire !

 

   Il y a plusieurs lectures possibles du résultat des primaires socialistes. La première consiste à dire qu’il s’agit d’un renforcement du caractère profondément antidémocratique de l’élection présidentielle à l’américaine, d’une machine de guerre de la social-démocratie oligarcho-mitterrandienne contre l’épanouissement du nouvel élan donné par le front de gauche vers des solutions justes car radicales à la crise générale du capitalisme. J’en suis d’accord. Sauf qu’avec le front de gauche on est encore loin du compte : la solution étatiste du tout service public  comme issue à la crise est un archaïsme  stupidement corporatiste. Mais, dans ce concert discordant, mieux vaut choisir la moins mauvaise direction.

  

   Autre lecture, complémentaire et (ou) contradictoire : le succès populaire prouve le désir de démocratie élargie, basiste, active. Les médias oligarchiques, détenus par le CAC 40 ont été battus. Une première fois avec l’explosion dans leurs mains de la vedette du spectacle entièrement fabriquée qui s’est suicidée par où il avait péché, aujourd’hui avec l’effondrement de la première baudruche, madone des sondages, ensuite avec la stagnation de son alter ego Hollande, autre montgolfière sans consistance, pur produit mitterrandien, et la montée en puissance avec Montebourg des solutions de gauche réelles  qui effraient les banques coupables de spéculation catastrophique.

 

  Demain, la poussée à gauche devra reprendre avec la montée en puissance de Mélenchon et du Front de Gauche : plus il aura de voix, mieux les socialistes pourront respecter leurs vagues promesse de radicalité : participation, encadrement des banques, démondialisation, justice sociale, éthique, etc.

  Une troisième étape sera de toute façon nécessaire, aller jusqu’au bout, convaincre le peuple de gauche  que l’autogestion  de l’économie et de l’Etat à terme est la bonne voie pour sortir durablement de la crise : celle du contrôle populaire direct sur tout  ce qui nous concerne. La mobilisation réussie des militants socialistes, gentils salariés comme 92 % des actifs français, démontre les extraordinaires réserves  dont disposeraient les perspectives d’autogestion de l’économie et de l’Etat : ces militants ont remplacé par un sans faute de leur bénévolat efficace une institution majeure de la bureaucratie étatique : l’organisation des élections. Il devient clair que toutes les autres activités gérées bureaucratiquement pourraient être substituées par des bénévoles élus par les quartiers ou des scops autogestionnaires et concurrentielles choisies de la même façon. Souverains, des comités de quartier de quelques milliers d’électeurs (sur la base des bureaux de vote situés dans la même école),  dont chaque élu représenterait sur tout le territoire national chaque fois deux cents électeurs, à la proportionnelle !  Avec l’extension des pouvoirs des comités d’entreprise aux multiples tâches de la gouvernance. Organiser la tache d’huile en Europe, comme les Arabes nous ont montré la voie chez eux !

 Allez, laissez-vous  rêver un peu : un siècle après, Jaurès-Montebourg et Guesde-Mélenchon peuvent nous  reconstruire un grand parti de gauche socialiste révolu-formiste !

 En attendant, pas de calcul électoraliste médiocre : renvoyez Hollande à ses petits moulins médiatiques de Corrèze, compter les pièces jaunes avec Bernadette : allez voter Aubry dimanche !

 

Jean-Pierre Lefebvre, urbaniste, 13 octobre 2011