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Contribution Gérard Perreau Bezouille PDF Imprimer Envoyer

 

Finalement, dans le projet GAUCHE CITOYENNE, il y a surtout un process, un processus. Ce processus-projet n’est pas hors du temps, il n’y a pas un avant et un après, il n’y pas un hors, un out GAUCHE CITOYENNE et un in. Pas de contre-société, pas de modèle, mais la participation manifeste à la construction d’un « après », après-capitalisme, après-socialisme, après-communisme. Le processus est l’élément clé, intense. Il s’entrechoque avec nos réalités, d’autres réalités, des calendriers, d’autres espaces /lieux. S’il veut intervenir dans le champ politique et/ou citoyen il ne peut être hors sol, hors réalité.

Un exemple : bien sûr, GAUCHE CITOYENNE est fondamentalement –nous y reviendrons-  autre que le dispositif classique du parti qui s’appuie sur des réseaux sociaux mais dont les combats les plus importants sont, en fait, les combats électoraux. Pour autant, dans le contexte de notre rayonnement et de notre genèse, serions nous compris, prendrions nous tout l’espace nécessaire pour notre développement, si nous faisions comme si ces combats n’existaient pas ? Mais s’arrêter à cela rendrait tout simplement incapable de voir d’autres possibilités. D’ailleurs nous travaillons prioritairement sur l’initiative que nous avons décidée collectivement : notre soirée « les quartiers populaires et la politique ». Le parti –et sa raison d’être électorale-, qui doit bien sûr être dépassée mais qui ne le sera pas si facilement, si abruptement, n’est alors déjà plus le lieu unique de la politique.

 

Le processus GAUCHE CITOYENNE est bien imbrication de projets / projections différents qui peuvent varier de manière importante. Il a pour vocation d’entendre, d’interroger, de recueillir des fragments d’idées, de mouvements de pensée, de luttes et d’émancipations qui suivent des cheminements différents, et de permettre au projet GAUCHE CITOYENNE, par la mise en commun de cette diversité, de prendre forme.

Nous prenons / prendrons le temps nécessaire pour tirer de nos recherches et de nos expériences un corpus qui constitué, fondé sur ces différentes approches, cherche à prendre en compte la différence tout en travaillant, dans le respect de l’autonomie, à la mise en réseau.

Mais, bien sûr, le contexte imprègne notre travail et, y compris par les tensions qu’il nous impose, ouvre de nouvelles perspectives.

Les différents facteurs, intrinsèques et extrinsèques, jouent sur la production humaine en perpétuelle mutation qu’est GAUCHE CITOYENNE.

Les contradictions, les incidents de parcours, sont composantes du projet / processus lui-même. Notre « histoire » commune n’a pas commencé en juin 2010 ; continuons de rassembler  des fragments, d’adapter, de détourner des objets : pour subvertir le politique, amenons la politique dans notre caverne / clairière. Pas de nouveau fond sans nouvelles formes : essayons aussi de faire vivre une nouvelle image de la politique.

Etre GAUCHE CITOYENNE, c’est avant tout être passionné, passionné de l’homme / individu malmené, de son émancipation, passionné de l’humanité / multitude, collectif broyé par le capitalisme. C’est accepter de changer notre regard sur le monde, pour changer le monde. C’est grandir.

Les coulisses de GAUCHE CITOYENNE offrent un trésor d’histoires secrètes que nous apprenons à partager.

Ainsi, GAUCHE CITOYENNE est aussi, en politique, la fin de la culture du « problem solving » : vous n’avez que des problèmes, nous n’avons, en prêt-à-porter, que des solutions. Faire que « chacun » et « tous ensemble » soient  les innovateurs du changement. Combler le vide : être à la fois agent provocateur et maternité, hybride à l’infini, co-construite, d’actions et de sens convergents pour changer des bouts tout de suite et construire en marchant des perspectives.

Etre exigeants avec nous même : GAUCHE CITOYENNE n’établira aucune vérité, n’érigera pas non plus le « doute permanent » paralysant comme ligne de conduite, ne proposera aucune recette ready-made.

Et si chacun foutait la part la moins créatrice de son ego à la poubelle pour extirper la plus créative : celle qui lui permet de progresser avec tous...

« On lutte toujours comme on est organisé ». A ce sujet, sans doute et comme toujours, le verre est à moitié plein, donc, il est à moitié vide. Du déjà dit : un local, un logo, un site internet en devenir, une première initiative propre reportée, un bureau « élargi », un conseil d’administration, des adhérents, quelques nouvelles têtes, des affiches, deux ordinateurs, un réseau, des présences publiques, deux communiqués sur les retraites, des fichiers contacts pas à jour… un début, peut mieux faire. On siffle dans ses doigts, on retrousse les manches ? Et si GAUCHE CITOYENNE se faisait confiance pour redonner sens dans notre pratique interne comme dans nos actions à la liberté et à la démocratie, à l’intelligence collective donc à l’essaimage, pour mettre fin, à chaque niveau, au privilège de « ce qui est pouvoir » sur «ce qui fait société », ce qui est aliénation sur ce qui est émancipation ?

Et si GAUCHE CITOYENNE considérait la conflictualité comme essence de politique ? Le conflit est inévitable puisqu’il résulte de l’ordre de la domination et du désordre de la révolte.

Et si GAUCHE CITOYENNE était le creuset pour que ceux qui ne font que du bruit soit entendus par ceux qui parlent ?

A quelles conditions, avec quelles étapes, GAUCHE CITOYENNE, nouvelle structure institutionnelle démocratique, se débarrasse, dans son processus comme dans son projet, de l’idéologie de la représentation, pour être éducation populaire, inventer des formes innovantes vivifiant l’implication militante et citoyenne ?

Et si les organes de « gestion » de GAUCHE CITOYENNE restaient à leur place pour donner/laisser  au « conseil des acteurs» les choix politiques ?

Et si GAUCHE CITOYENNE mettait au cœur du projet l’initiative, la prise de responsabilité, « la capacité d’action du citoyen ordinaire » ?

… Et si GAUCHE CITOYENNE  était mieux, sur tous ces sujets, rupture ?

GAUCHE CITOYENNE dispose de quelques cartes. On peut facilement les gâcher, on peut encore tenter de les jouer… un effort camarades !

Nous croyons aux rêves.

La révolution est éternelle.

Gérard PERREAU-BEZOUILLE