accueil contributions

télécharger "l'avenir en marchant"

CONTRIBUTIONS
Contribution de M'hamed KAKI PDF Imprimer Envoyer

 

Interroger nos pratiques pour questionner le sens de nos projets.

 

Interroger nos pratiques c’est réfléchir sur le sens de nos actions pour éviter de rentrer dans les idées reçues du sens commun. Il est toujours aisé, face à l’échec d’un projet de faire une projection sur les autres en leur renvoyant leur manque de motivation ou leur incompétence plutôt que de réfléchir sur ce que nous n’avons pas mis en œuvre pour réussir ce projet.

 

Interroger nos pratiques c’est donc un questionnement permanent collectif et individuel qui permet un feed back entre les objectifs et la fiabilité des moyens mis en œuvre pour les atteindre. Autrement dit, l’écriture d’un projet ou l’on associe collectivement l’ensemble des acteurs à réfléchir sur le fond et la forme, est fondamentale. Il faut parfois savoir prendre du temps pour mieux en gagner par la suite. Prendre du temps cela veut dire diagnostiquer, constater, questionner, respirer collectivement y compris à partir de thèses contradictoires, voir même conflictuelles pour mieux saisir la pertinence du choix qui sera décidé collectivement au moment ou l’on aura fait le tour de la question. Il est à noter que contrairement aux idées reçues le conflit est un élément important car selon le sociologue Georges SIMMEL « le conflit est socialisateur à condition qu’on le dépasse ».

 

Lire la suite...
 
Contribution de Philippe Corcuff PDF Imprimer Envoyer

Philippe Corcuff verse au débat « Phénix » ce texte écrit initialement pour Tout est à nous – La revue à propos de l’ouvrage de Gustave Massiah, Une stratégie altermondialiste. Il vient en complément à sa contribution Repenser les logiciels de la critique sociale et de l’émancipation au NPA

 
Figure historique du combat anti-impérialiste, ancien vice-président d’Attac, membre du conseil international du Forum social mondial, Gus Massiah déblaye de manière stimulante le débat stratégique au sein de la galaxie altermondialiste.

Les militants du NPA ont parfois eu une posture arrogante à l’égard de ce qui n’était pas eux. Certains diplômés ès « bolchévisme », parce qu’ils ont entendu parler de Marx et qu’ils ont lu quelques brochures de Lénine, se sont même fait une spécialité de trier ce qui serait le bon grain anticapitaliste du supposé « réformisme » de l’ivraie altermondialiste. Ils ne se sont guère alors aperçus qu’Attac sortait de sa crise interne via des chemins clairement anticapitalistes, convergeant en cela avec des composantes importantes du mouvement alter. Á trop regarder son nombril, « l’avant-garde » perd de vue le mouvement réel…

 

Lire la suite...
 
compte rendu éducation PDF Imprimer Envoyer

 

Actes   

Réunion Education

Rapport Langevin-Wallon

5 février 2011

Cemea Ile de France / Nanterre

 

Zahra:

 

Au moment des municipales, 2 préoccupations ont été exprimées par les familles : Le logement, l’Ecole et l’Education.

A la même période, Acadomia s’installe rue Maurice Thorez, à Nanterre.

L’école montre son importance, sa place centrale dans les préoccupations familiales  et dans le même temps nous assistons à une marchandisation de l’école avec Acadomia.

Comment porter la réflexion sur l’éducation et au-delà, comment s’interroger sur l’éducation ?

 

Langevin et Wallon, dans le cadre du Conseil National de la Résistance, ont travaillé à un plan pour l’école. Que dit le plan LW ? Qu’a-t-on fait du PLW ?

Alors qu’ aujourd’hui nous sommes confrontés à beaucoup de dénonciation, de détresse qui en disent long sur l’état de l’Ecole dans notre pays.…

Lire la suite...
 
Contribution de Fred Vargas PDF Imprimer Envoyer

Nous y sommes 

 

Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance, nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la eine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés. 

 

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni

connu. Franchement on s'est marrés.

 

Franchement on a bien profité.

 

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. 

 

Certes. 

 

Mais nous y sommes.

 

A la Troisième Révolution.

 

Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui. 

On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi ou crevez avec moi

Évidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.

D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.

Peine perdue. 

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, – attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).

S'efforcer. 

Réfléchir, même. 

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d'échappatoire, allons-y.

Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être. 

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

 

 

Fred Vargas 

Archéologue et écrivain

 

 
contribution de Patrick Braouezec PDF Imprimer Envoyer

Les responsabilités de la gauche de gauche

La gauche dans sa diversité est-elle capable de mettre fin au sarkozysme, synonyme de destruction de politiques publiques, sociales et solidaires que le mouvement social avait mis des décennies à construire ? Peut-elle ouvrir une perspective politique alternative ? Et comment ? A seize mois des élections présidentielles et législatives, ce sont les questions que cette gauche polymorphe devrait se poser. Le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts ont choisi le principe de primaires pour designer leur candidat. Au-delà de la personne qu'ils désigneront, il leur revient de dire s'ils entendent simplement réaliser l'alternance ou s'ils veulent rompre avec le social-libéralisme et l'écolo-libéralisme. La gauche de gauche est elle-même face à une triple responsabilité :

  • Travailler à l'élaboration d'un projet en rupture réelle avec la loi de l'argent et d'une plateforme de propositions alternatives en matière économique, sociale, sociétale et écologique.
  • Ne pas reproduire au premier tour de l'élection présidentielle la multiplicité des candidatures, synonyme d'émiettement, d'affaiblissement et de découragement. Et pour ce faire, construire un nouveau type de rassemblement qui transforme le Front de gauche, aujourd'hui simple cartel d'organisations, en dynamique populaire et citoyenne.
  • Travailler en vue du deuxième tour avec les socialistes et les écologistes à un programme dont la convergence des contenus pourra ou non se traduire par une participation à un gouvernement mais qui sera une base exigeante de dynamique de 2ème tour et non un simple désistement d'entre deux tours.

Communiste, ayant quitté le Parti mais pas l'engagement communiste, je suis particulièrement inquiet des prémisses de la campagne présidentielle et de son issue. Je passe sur le processus de désignation des candidats socialiste et écologiste. Processus périlleux mais dans lequel la gauche de gauche n'a pas à s'immiscer sauf à y participer, ce que je ne souhaite pas. Il reviendra à cette gauche de gauche de prendre acte le moment venu de leur candidat respectif et surtout d'apprécier les convergences possibles de leur projet, avec le sien. Encore faudra-t-il que ce projet de gauche de gauche existe et qu'il constitue la base d'une candidature commune. Plusieurs raisons m'amènent à douter de réaliser l'un et d'aboutir à l'autre.

La première raison réside dans le choix que semble avoir fait le Parti communiste français (PCF) de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En 2006, dans des conditions favorables issues de la victoire du "non de 2005", où le PCF avait joué un rôle incontesté, sa direction a fait le choix de la division en refusant qu'une personnalité non communiste, dans une conception de campagne collective, puisse émerger. On en connaît le résultat et les conséquences. Aujourd'hui, dans une alliance d'appareils, créant les pires conditions, il semble s'en remettre à une personnalité, talentueuse au demeurant, qui a su habilement confondre Parti de gauche et Front de gauche, et qui renforce par sa personnalité, la caractère présidentiel et personnel d'une candidature qui mériterait d'être collective. Communiste, je ne puis me résoudre à ce qui semble être aujourd'hui inéluctable. Mon seul objectif est d'alerter et de pointer des faits, des propos, des manques et des absences de ce début de campagne plus marqué par les petites phrases que par le contenu.

 

POPULISME

La deuxième raison concerne la question du populisme. Je ne ferai jamais l'amalgame entre le populisme de gauche et le populisme de droite (extrême ou non). J'admets volontiers qu'ils sont distincts et qu'ils n'ont pas le même objectif. Mais force est de constater que l'un comme l'autre vise plus à diviser qu'à rassembler, à tendre plutôt qu'à réconcilier, à entretenir le simplisme plutôt qu'affronter la complexité, à flatter les instincts, qu'appeler à la raison. Je ne crois pas non plus que l'invective, l'opprobre, la colère (feinte ou réelle) soient de bonne augure dans une société déjà suffisamment manichéenne, divisée et violente.

Le mouvement progressiste n'a jamais été aussi fort que dans les moments où il a su associer les intellectuels et la classe ouvrière. Le peuple aujourd'hui est divers. Chacun peut constater dans ce début de campagne, l'absence du peuple qui souffre le plus : les salariés, les privés d'emploi, mais aussi, les sans-logis, les sans-papiers, les jeunes et les habitants des quartiers qui "dérangent". Il serait irresponsable de ne parler que des uns et pas des autres, voire pire : d'opposer les uns aux autres.

Enfin, je doute de la capacité de la gauche de gauche à construire une alternative, une perspective élaborée et partagée non pas simplement par des organisations et leurs militants mais plus largement par le peuple dans sa diversité et à mettre à profit le foisonnement de pensées critiques. Qu'attend-elle pour intégrer dans son travail, les propositions de ces 630 économistes "enragés", du travail des chercheurs, d'intellectuels : de Bernard Stiegler et de son économie de la contribution ; d'Edgar Morin et de son invitation à "l'éloge de la métamorphose", à considérer notre temps dans sa complexité et son incertitude ; de Patrick Viveret et de son idée de "sobriété heureuse" prônant le développement de l'être plutôt que la croissance de l'avoir ; d'Alain Bertho et de son étude sur les émeutes, bref du travail de centaines d'autres qui analysent proposent, tracent de nouvelles voies pour un autre monde ?

Qu'attend-t- elle pour faire confiance à ces militants associatifs inlassables, à ces jeunes des quartiers populaires qui désespèrent des institutions mais pas encore complètement du politique, aux mouvements sociaux qui comme récemment à Dakar ont fait la preuve de leur vitalité et de l'actualité de leurs propositions ? Au-delà d'un programme qui devra être décliné le moment venu en propositions concrètes (relèvement des salaires, redistribution de l'argent, droit de vote des étrangers, création d'emplois, revenu minimum d'existence, régularisation des sans-papiers, service public du logement de l'eau, refondation des politiques énergétiques , éducatives, culturelles, de santé…), il revient à cette gauche de gauche de mettre en débat la perspective d'une autre société. Il lui revient de construire un projet partagé : un "nous" solidaire construit de "je" multiples.

 

Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis

LEMONDE.FR | 16.03.11 | 09h18  •  Mis à jour le 16.03.11 | 09h18

 
«DébutPrécédent123456SuivantFin»

Page 3 sur 6