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Après les élections départementales (1/5) PDF Imprimer Envoyer

 

Bien sûr, il faut pousser un ouf de soulagement : dans un contexte marqué par le traumatisme que représente, pour l’ensemble de l’électorat de gauche, la politique de droite menée au niveau national par le parti socialiste, cela aurait pu être pire.

Bien sûr, il faut se féliciter de l’élection du maire de Nanterre, mais qui, parmi les observateurs, dans la presse, dans les forces politiques, chez les militants… dans les semaines et les mois qui précédaient, doutait de ce succès, de la force propulsive pour le tandem de cette candidature ?

Bien sûr, Gauche Citoyenne, les élus, les militants divers, de gauche, écologistes, communistes, la députée, Jacqueline Fraysse, ont joué leur partition. Qu’ils en soient tous remerciés.

 Quelques caractéristiques...

 

Première caractéristique des élections départementales : elles ont renforcé le processus de droitisation, d’extrême droitisation politique avec une nouvelle avancée du Front national (même si l’extension de son implantation locale ne doit pas être exagérée), la poursuite du néo conservatisme et de l’ordre moral, la poursuite des discours publics anti-musulmans ou prétendus tels.

 

Deuxième caractéristique : l’abstention durable, particulièrement dans les quartiers populaires, certains évoquent maintenant une « abstention militante »

 

Troisième caractéristique : la parité, enfin ! Autant de femmes que d’hommes élus, même si il a fallu passer par une loi. Les exécutifs sont à parité (c’est aussi la loi) mais il y a 10% (léger progrès : 6% précédemment) de femmes présidentes.

 

Quatrième caractéristique : Tout est cadenassé à gauche et à la gauche de la gauche. Comment déverrouiller ? Bien sûr en finir avec le social-libéralisme et l’austérité mais aussi avec ce qui freine le rassemblement transformateur

   

Quelques caractéristiques locales :

 

A Suresnes, au premier tour (avec 54% d’abstention), 931 voix 7,74% quand en 2011, le PCF (Cailloux) à lui seul réalisait 2 051 voix 15.54% (avec 43% d’abstention) et, pour mémoire, Jacqueline Fraysse, aux dernières législatives, 2 347 voix 15,17% (avec 41% d’abstention). Cet effondrement mérite-t-il au minimum de s’interroger ?

 

Sur la circonscription législative Suresnes-Nanterre, alors que les deux maires étaient candidats, la droite passe devant la gauche, malgré le fait que Nanterre (45 475) a deux tiers d’électeurs de plus que Suresnes (27 391). Au premier tour, l’hégémonie à l’intérieur de la gauche (57.6% / 42.4 %) n’est assurée que par la candidature du maire de Nanterre comme l’indiquent les résultats de Nanterre 2 (39.4 % / 60.4%) y compris sur la partie Nanterre du nouveau canton (53,6 % / 46,4%). Ne faut-il pas être inquiet 

 

Sur Nanterre 2, le score maximum réalisé dans un bureau est 12.49% des inscrits. Nos candidats ne font un score supérieur à 12 % des inscrits que dans trois bureaux : Mairie annexe du mont valérien, Neruda réfectoire et Elsa Triolet. Ce qui pose directement la question de l’abstention des quartiers populaires. Ne faut-il pas pousser les analyses ?

 

Qui pourrait se passer d’une analyse approfondie et collective de ce temps électoral ? Qui pourrait dire, tournons vite la page et passons aux initiatives à mettre en œuvre pour relancer l’activité ?

 

Quelques remarques, avec toujours le même souci, celui de ne pas simplement dire des « vérités » mais d’être utile, c’est à dire de faire avancer les choses. Ne pas être un simple observateur mais un acteur qui ne se contente pas d’analyser.

 

Il y a une certaine impudeur, un caractère obscène à la débauche de satisfaction ridicule qu’on peut lire après ces élections sur les listes de diffusion, les sites ou sur facebook de la part de militants -c’est souvent le cas-mais aussi de candidats, d’élus, de dirigeants. Ils ont eu peur que cela soit pire mais quand même !

 

Un peu plus de modestie ne nuirait pas. Il faut bien sur « positiver », « faire bonne figure », galvaniser ceux qui se sont bien battus, mais, tant au niveau national qu’au niveau local, peut-on, doit-on, ainsi pavoiser ? « être soulagés », sans doute. Mais il y a besoin de plus de prudence, de circonspection, quel que soit l’angle d’analyse dans lequel on se place : celui du pcf, celui du fdg, celui plus rassembleur de l’émancipation qui reste toujours à construire.

 

Beaucoup d’appréciations ont par ailleurs un caractère schizophrène :

 

  • On est partout élu dans une configuration « union de la gauche », on se félicite d’avoir « fait le plein des voix de la gauche »

  • On dit parallèlement que le PS n’est plus de gauche,

 

Dans les faits, la gauche de la gauche reproduit ce que les électeurs reprochent à l’ensemble du monde politique : au final, la visibilité donnée par les résultats, c’est la reproduction des élus, des pratiques, en l’état, alors que tout continue de bouger, de manières diverses, dans les idées, dans les luttes, dans les formes de rassemblement.

 

(1/5 : à suivre)