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Après les élections départementales (2/5) PDF Imprimer Envoyer

 

Prenons bien la mesure des choses : nous sommes partisans de la proportionnelle mais il ne faudrait surtout pas l’appliquer ! Le PCF FDG a 3 fois plus d’élus (176 / 56) que le front national et on ne parle pas de lui dans les médias –ce qui n’est pas normal- mais il a plus de 3 fois moins d’électeurs (1.6 millions FDG contre 5.1 millions FN) !!!

 

Du fait de ce nombre de votants au premier tour, le résultat final est le fruit des reports à « gauche » déjà évoqués précédemment bien sûr mais surtout d’un système électoral apprécié « à géométrie variable » :

 

  • Il est décrié et longuement commenté quand il fait perdre une quinzaine d’élus

  • mais complètement exclus de l’analyse quand il permet d’en sauver 150 !

 

Est-ce correct, respectueux des lecteurs, des électeurs, de titrer ainsi sur le site ?

"Départementales : Le PCF-FDG, 3ème force politique avec 176 conseilleres départementaux"

    

En prenant les chiffres « sérieux » - pas ceux du ministère de l’intérieur, ceux de Martelli par exemple-, où est la victoire ? Quelle est, plutôt, le niveau de résistance ?

 

Pour l’essentiel, l’implantation du FDG est celle du PCF. Sur les 234 conseillers sortants, 220 étaient communistes, 5 se réclamaient du PG et 9 autres se répartissaient entre les "apparentés PC" d’autrefois et les différentes composantes de l’alliance. Ces 234 conseillers se distribuaient dans 61 départements.

 

Le FDG l’emporte aujourd’hui dans 93 cantons. 186 élus, mais si l’on tient compte des binômes partagés avec d’autres forces politiques, cela assure 176 sièges de conseillers. Ils se distribuent dans 37 départements (moins 24). Le FDG perd donc 58 conseillers soit 25%.

 

.Quelles sont les caractéristiques de ces résultats :

 

  • En voix d’abord le FDG semble maintenir mais sans prendre en compte les résultats du NPA (quasiment absent cette année et en partie absorbé dans Ensemble !) et en général de l’extrême gauche, et d’EELV (binômes communs cette élection) Un sondage réalisé par Harris après les élections départementales donne 7% d’intention de vote aux régionales pour le front de gauche et 7% pour les verts.

  • En sièges, le mouvement déclinant des municipales continue. Si la perte de certains élus peut être attribuée au « système électoral », il faut noter que cette réforme a été négociée entre « partis » institués et réalisée par « la gauche », elle est donc aussi une défaite politique, en fait partie.

  • Les aspects « symboliques » : certes le FDG résiste à Bobigny (où il est sortant) mais il est devancé par le PS au premier tour à Saint Denis et, sur cinq cas de duel à gauche au second tour, le Front de gauche l’a emporté trois fois, à Bordères-sur-l’Echez (Hautes-Pyrénées), Saint-Vallier (Saône et Loire) et Montreuil (Seine-Saint-Denis), mais a été battu dans le Val d’Ariège (Ariège) et dans les Monts du Livradois (Puy-de-Dôme). (sortant communiste). Et il y a cette consternante affaire de Vitry.

   

Pour l’instant, les alliances à la gauche du PS ne sont pas assez visibles pour marquer le paysage électoral et, ici ou là, tout est même fait pour les gommer. Le fait que quelques candidats « divers » soient élus ici ou là ne peut cacher le fossé important entre :

 

- la réelle diversité d’idées représentées au sein du front de gauche, le potentiel existant si on souhaite comme Gauche Citoyenne, un rassemblement plus large

 

- et, au final, la réalité de sa représentation politique, quasi uniquement par des élus communistes ou apparentés, sûr du point de vue du parti et parfois parachutés.

 

Il y a incapacité à penser et à construire cette représentation nouvelle, à l’image de la nature du rassemblement, comme étant stratégique pour donner vie à un vrai front (si ce terme reste approprié).

 

A Nanterre, ou pourtant des pas importants, parfois dans la douleur, avaient été fait précédemment, nous sommes l’illustration de ce phénomène, comme d’ailleurs, plus généralement, dans les hauts de seine.

 

« Des aspirations diversifiées à la justice sociale, et à la reconnaissance, montent pourtant de la société, mais elles ne trouvent plus de canaux politiques d’expression. Une part importante des citoyens se retire du jeu oligarchique de la représentation politique professionnelle. D’autres continuent à voter en manifestant un ras-le-bol, certains tendant de plus en plus l’oreille aux sirènes identitaires faute de boussole alternative. Les gauches n’incarnent plus un projet de société à l’écoute des frustrations collectives et des imaginaires individuels. »

 

Il y a un décalage réel entre la nature des forces du changement, leur diversité idéologique et politique, pas seulement en termes de réflexion « intellectuelle » mais aussi en terme d’acteurs qui luttent, de nature et de formes de ces luttes, de « gens qui bougent » et la représentation politique de ce rassemblement. « L’avant-garde » remise en cause dans des congrès précédents du PCF, les « révolutionnaires professionnels » sont toujours là…