accueil elections départementales Après les élections départementales (3/5)

télécharger "l'avenir en marchant"

Après les élections départementales (3/5) PDF Imprimer Envoyer

 

Rien de nouveau : ce qui devait être « mouvement» (« mouvement » comme dans « mouvement ouvrier », « mouvement social »…) s’est grandement institutionnalisé, et a donc perdu de sa vitalité, de sa capacité d’innovation, de contestation, de proposition. Quoi qui bouge dans le réel, malgré les grandes déclarations, doit toujours composer avec un système qui pourtant continue de s’ossifier, de se surprotéger pour rester dans un « entre soi » suicidaire.

   

Il reste indispensable de redynamiser des lieux de réflexion, de proposition, d’action : c’est la raison d’être, à la base, de Gauche Citoyenne. Mais il devient aussi urgent de donner une visibilité « institutionnelle » aux gens « ordinaires » comme à la diversité des forces et des idées rassemblées. Quand on parle en termes de perspective, de dynamique, c’est la question démocratique fondamentale à l’intérieur de la gauche de la gauche, au sein du camp de l’antisystème.

   

Pour régénérer l’ensemble du dispositif, le « mouvement» dans sa diversité doit avoir une représentation, faute de quoi l’institutionnalisation fait qu’il n’y a plus de contre-pouvoir et qu’il n’y a plus possibilité de faire bouger les choses. Tout est installé, semble immuable, est pesant, l’antisystème rejoint le système : il est bloqué.

   

L’institutionnalisation du PCF s’est construite sur son caractère "Instituant", qui donne du pouvoir, des moyens, du poids, des notables, et pas suffisamment relativisé par son caractère "institué" et ses effets pervers, statique, portant la volonté de tout contrôler. Elle s’est développée dans une autre phase ou on pensait qu’il fallait accumuler de la légitimité, des moyens (financiers, permanents), faire des conquêtes institutionnelles pour préparer un « grand soir ».

   

Nous pouvons bien sûr faire comme « Ensemble ! », dans son tract et constater « Les forces existent pour une alternative à cette gauche de renoncement comme l'ont montré les candidatures communes entre le Front de gauche, EELV, le NPA, des socialistes dissidents, des forces citoyennes. », ou comme Jacqueline Fraysse, de manière similaire, en conclusion de l’édito de son journal, ou comme Martine Billard qui pense dangereux de jeter le bébé (les partis) avec l’eau du bain.

 

Mais il reste que, surtout depuis la trahison par le PCF des Comités Unitaires pour les présidentielles en 2007, toutes ces forces, ces individus, dans la société réelle, attendent un signe fort, un renouveau dans le concret politique (et les élections en sont bien sûr un marqueur déterminant), diffèrent de celui qui, au final, aboutit à chaque fois à la même représentation : quasi-uniquement par des élus PCF (dans le même temps, ils sont de moins en moins nombreux malheureusement).

 

Pour reprendre l’image de Martine Billard, comment continuer d’entretenir la confusion entre notre bébé commun, qui est le combat pour l’émancipation, et une des savonnettes possibles, le(s) parti(s) ? Même s’ils sont considérés par certains acteurs de l’anti-système –c’est respectable et Gauche Citoyenne respecte ce point de vue même si elle a choisi une autre voie-, un outil possible pour travailler à le conforter.

 

Malheureusement, force est de constater que, dans le système politique de cette 5ème république, il n’y a de parti que des partis constitués, reconnus, et donc, pour être précis, contrôlant des moyens financiers, c’est-à-dire bénéficiant du financement public de manière durable (la « bande des 4 »). Les verts en font à nouveau l’expérience, contraints d’être « avec » tel (PS) ou tel (PCF FDG). Le PG le mesure, puisque Mélenchon se relance sur cette question des institutions, autour d’une 6ème République. Sa visée à propos des futures présidentielles est évidente mais la perspective constituante reste bien sûr incontournable pour tous.

 

La voie choisie ou contrainte ou imposée à Gauche Citoyenne depuis la campagne des municipales mène au même mur car elle ne propose pas d’autre ambition, pas d’autre perspective que de retourner en priorité dans cette institutionnalisation stérilisante et rejetée. La souricière se referme à nouveau.