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Apres les élections départementales (4/5) PDF Imprimer Envoyer

 

La représentation ainsi choisie dans les bricolages politiciens marque les esprits autant que le « bon score » réalisé au second tour. Il y a toujours en politique du quantitatif et du qualitatif. Imaginons par exemple ce qu’aurait porté, toute la force, le poids symbolique, la capacité d’attraction nouvelle, la crédibilité, de l’élection, en binôme avec le Maire, sur le canton Nanterre 1 de Nadine Ali ? Même si c’eut été au prix d’un score électoral un peu plus faible…

Quant au contexte politique général, il n’a pas bougé c’est même pire :

-        le front de gauche n’en a que le nom : sur toutes les grandes questions stratégiques, il est profondément divisé (Récemment : lire le « au revoir » du front de gauche thématique de la ville)

-        Tout espoir à ses marges, à l’intérieur ou à l’extérieur, même quand des espaces institutionnels existent, à côté ou en parallèle, continue d’être balayé, mis sous l’éteignoir, caporalisé, au mieux traité comme un faire-valoir, un réservoir d’idées par le seul parti du front à qui il reste des moyens financiers

-        Le désespoir s’est installé durablement dans les quartiers populaires, chez les plus pauvres, le désintérêt dans la jeunesse,

-        Peut-on considérer qu’il suffit de continuer à gérer un fonds de commerce local, avec des propos marketing (offre, demande…) sans travailler les innovations en termes de rapport à l’environnement (tout ce qui nous entoure) et de contribution aux enjeux posés à d’autres échelles ? Peut-on se résoudre à cette incapacité à se renouveler dans l’ensemble des dimensions que nous portons ?

Comme entendu lors de la dernière réunion de Gauche Citoyenne, « Pourquoi reparler des élections ? C’est du passé et ça n’intéresse pas les gens. Il faut maintenant revenir au concret, dans les quartiers ». On se serait donc trompé dans la séquence précédente en ne s’occupant plus que de candidats, de négociations, d’élections ? Ne serions-nous condamnés qu’à l’activisme entre les élections pour entretenir une simple étiquette « ayant une valeur négociable » lors des élections ?

Gauche Citoyenne a été créée, à partir de la notoriété et des réseaux de quelques personnalités, autour de citoyens divers, alimentée par des expériences propres, comme un alter-lieu d’échange et d’action. Si Gauche Citoyenne devient le parti local des ambitions de tel et tel, à tel ou tel niveau, elle n’a plus de raison d’être.

Bien sûr, maintenant que l’essentiel (176 conseillers PCF élus) est réglé, chacun devrait, comme d’habitude, béatement et avec désir, évidemment, se mobiliser pour les chantiers de l’espoir… comme on a construit précédemment « changer de cap », le 16 juin 2013 à Montreuil ! Nous y étions déjà…

 http://blogs.mediapart.fr/blog/raymond-macherel/080415/les-yeux-pour-pleurer fait un compte-rendu du meeting de Japy, mardi 7 avril 2015 (après les élections), organisé par le "Collectif 3A" (un de plus) : « aucune dynamique, une débandade, le public s’ennuie, des militants dévoués qui pianotent sur leurs téléphones, on se force à monter sur scène où on surjoue son texte… parmi ceux qui y montent, qui avaient discuté âprement de l'ordre de passage au micro, plusieurs des protagonistes qui ont ruiné auparavant la possibilité d'adhésions directes au Front de Gauche… »

A Nanterre, tous les textes échangés dans la préparation des cantonales, après la lettre du Maire et la proposition de Gauche Citoyenne (réponse du PCF, lettre de J. Bidet, lettre de M.C. Garel…) illustrent que décidément le chemin est long, que la volonté politique doit être forte pour mettre en phase les frémissements d’un mouvement original dans l’anti-système, compte tenu des «ordres établis» qui, bien qu’ils reculent pourtant sans cesse, ne veulent laisser aucune chance au nouveau.

« Une recomposition se prépare », dit Clémentine Autain, mais les chiffres récents prouvent que ce n’est pas dans le champ de la représentation électorale.

Il faut bien sûr tenir compte de l’histoire et des poids–pesanteurs qu’elle a institué, mais combien de temps le mouvement va-t-il être condamné à servir de face présentable éternelle aux fossoyeurs d’un espoir de renouveau ?

A Nanterre, c’était possible d’avoir de l’audace. Les résultats ont confirmé la nécessité de la candidature du maire pour être élu et « tirer ». C’était la locomotive ; elle aurait dû tracter avec succès un wagon (seul scrutin qui le permettait) de renouveau. L’élection de Laureen Genthon, à qui nous souhaitons la bienvenue (elle habite Nanterre depuis 6 mois et vient de manifester son souhait « d’être tenue au courant de l’activité de Gauche Citoyenne »), n’est que la triste illustration locale de tout ce qui précède.

Alors, quelles propositions ?...