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   lettre au pcf                                    

Chers camarades,

Nous souhaitons, par ce courrier, revenir avec vous sur plusieurs questions qui ne peuvent plus êtres contournées si nous souhaitons gagner à gauche sur un vrai projet de transformation sociale.

Nous sommes d’accord, ensemble, sur certains éléments de constat :

La situation imposée par la logique ultra libérale portée par le pouvoir est insupportable pour la grande majorité des habitants de Nanterre.

Tous en ont porté témoignage, lors de la réunion du Front de gauche du 4 mai dernier et au cours des différents débats organisés dans les quartiers de Nanterre et de Suresnes par Gauche Citoyenne.

Il faut répondre à l’urgence, faute de quoi, la désespérance et le repli sur soi continueront de progresser avec le risque de voir aussi progresser les idées de haine et d’exclusion du Front national et l’inscription durable de celui-ci dans le paysage politique. Nous voulons ainsi, résolument, agir pour que la situation au 2ème tour en 2002 ne se reproduise pas.

Comme nous l’avons dit et écrit, le 4 mai dernier, il est impératif, pour redonner confiance, de construire avec les citoyens, des propositions d’action immédiates contre le processus de casse sociale et écologique, mais il faut aussi progresser vers un rapport plus actif des citoyens à la politique et avancer vers une nouvelle façon de faire de la politique.

Sans l’articulation de ces deux démarches il sera, à notre avis difficile d’avancer.

Nous n’avons pas senti, jusqu’alors, une volonté affirmée de réinterroger, lucidement, les pratiques politiques.

La réunion du 4 mai, n’a pas permis, selon notre opinion, et nous demandons à être convaincus du contraire, de progresser sur cette question.

Sa conception et son déroulement nous ont paru singulièrement datés.

Peu de choses, en effet sur le « comment faire » avec les citoyens et sur les modalités et conditions de l’élargissement.

Pour vous dire franchement les choses, nous restons préoccupés par le décalage qui existe entre les intentions exprimées par les gens, dans leur diversité, à la base et la réalité du fonctionnement du Front de gauche au sommet : cartel d’organisations non ouvert à ce jour aux autres forces de transformation sociale et aux adhésions individuelles, candidature auto proclamée pour les présidentielles, programme en cours de finalisation ne résultant guère d’une construction collective avec les citoyens, pilotage exclusif par un parti.

Pour imager notre propos, nous sommes plutôt adeptes d’un chœur que d’un chant de marche.

Nous le répétons, il faut faire autrement ! C’est toute la démarche que Gauche Citoyenne a souhaité initier en mettant au débat, la question du rapport entre la politique et les quartiers populaires.

De l’avis de ceux qui y ont participé ces débats ont été riches et ont permis de dégager des pistes dont nous rendrons compte dans le prochain journal de Gauche Citoyenne.

Il est évidemment dommage qu’aucun responsable local du Front de Gauche n’y ait participé.

Nous voulons dissiper tout malentendu. Contrairement à ce qui a été dit le 4 mai, le débat que nous lançons, le forum que nous souhaitons organiser à la fin de l’année 2011, sur «Comment innover à Nanterre pour le succès de la Gauche» n’entend pas contrarier la nécessaire unité des forces de transformation sociale à Nanterre.

C’est tout le contraire !

Gauche Citoyenne, observant, comme tous, la cassure entre la politique et un grand nombre de citoyens veut contribuer à la réhabilitation du combat politique… pas seulement pour conduire un débat théorique mais surtout, parce que c’est indispensable pour gagner.

Sa démarche n’est conduite contre personne à gauche. N’étant pas une adepte des « avant-gardes éclairées », Gauche Citoyenne n’aspire à aucun leadership. Elle n’est pas sur le terrain du calcul et de la concurrence.

Elle est, comme nous le disions, dans un texte « fondateur » de mai 2010, née d’une volonté de réenchanter un espace politique où chaque citoyen serait acteur, en se fondant sur quatre grands principes :

- La proposition continue d’alternatives politiques au néolibéralisme en faveur de la grande majorité de nos concitoyens avec une vigilance particulière en faveur des plus pauvres.

- L’attachement à une gauche de gouvernement capable de combiner détermination à mener au bout des réformes populaires et prise de responsabilité.

- La nécessité de penser et de porter une nouvelle espérance populaire à travers un projet de société répondant aux exigences sociales et écologiques.

- La conviction qu’il faut, sans doute, dépasser les formes politiques traditionnelles en promouvant des pratiques innovantes.

Gauche Citoyenne est un collectif largement ouvert à ceux qui partagent cette démarche, encartés ou pas.

Elle est vent debout contre la politique néo libérale et dans la mise en place de propositions en matière :

- De progrès social et d’éradication de la pauvreté contre la politique actuelle de casse sociale.

- De mise en valeur de l’environnement « vert » et « urbain » contre les politiques uniquement productivistes menées par le pouvoir néolibéral.

- de remise au centre de l’action politique du développement humain contre la politique actuelle du seul développement d’une élite économique auto proclamée.

Mais tout cela nécessite, et c’est fondamental, la construction d’un processus de réhabilitation de l’action politique avec tous ceux qui le souhaiteront.                                                                                                                                      

Le forum de l’automne débattra de tout cela. Nous vous y invitons à y participer.

Ne croyez vous pas qu’il serait utile, pour avancer, de prendre en compte ou au moins d’entendre ce que nous tentons d’exprimer pour la troisième fois…

Nous vous prions de croire, chers camarades à l’expression de nos plus sincères salutations.

                                                                                  Ramon Falguier, Président de Gauche Citoyenne

 
POUR LE SUCCES DE LA GAUCHE, NON A L’ABSTENTION ET AU VOTE FN : COMMENT INNOVER A NANTERRE PDF Imprimer Envoyer

 

 

Lors des dernières élections cantonales, nos deux candidates, soutenues par des responsables d'associations, de nombreux citoyens, par le Front de Gauche et par Gauche Citoyenne, inscrites dans la continuité du travail mené par le Maire, Patrick Jarry, et par la Députée, Jacqueline Fraysse, ont été réélues : Marie Claude Garel, membre de Gauche Citoyenne, progresse (30,6% contre 25,1% en 2004), Nadine Garcia maintient son score (36,4% contre 36,8% en 2004). C'est une sévère défaite infligée à l'UMP locale qui totalise à peine 11,4 % des votants, témoignage du rejet de la politique de régression sociale de Nicolas Sarkozy.

 

Gauche Citoyenne se félicite de ces bons résultats auxquels, avec d'autres, elle a contribué.

Mais deux inscrits sur trois ne sont pas allés voter et le Front national, qui surfe sur le mécontentement, réalise un score inquiétant.

Il ne s'agit donc pas d'une simple péripétie, d'une page vite tournée pour se consacrer aux présidentielles et aux législatives de 2012.

Ces deux réalités révèlent, à Nanterre comme au plan national, la cassure qui existe aujourd'hui, entre une grande partie des citoyens et leur « représentation ». C'est de cela qu'il faut parler.

Beaucoup pensent, en effet qu'il ne sert à rien d'aller voter, et pire, utilisent le vote du Front national comme exutoire à leur désespérance ou comme signal de leur défiance vis-à-vis d'une société qu'ils ne comprennent plus.

Comment, notamment pour les plus défavorisés et les plus vulnérables, ne pas être désespéré par le chômage de masse, le développement des emplois précaires, l'exclusion, les discriminations, les difficultés d'accès à un enseignement adapté, les violences de la société, l'impossibilité de boucler ses fins de mois ?

Nombreux sont ceux qui depuis les années 80 pensent que leur situation s'est dégradée, que des questions majeures ne trouvent pas de solution, et ceci en dépit de périodes d'alternance politique.

Nombreux sont ceux qui considèrent- ils l'ont dit et répété lors des débats «politique et quartiers populaires», organisés par Gauche Citoyenne - que les politiques ne les consultent pas assez, ne les entendent pas suffisamment sauf à l'approche des élections.

Ils s'adressent malheureusement ainsi indifféremment à la Droite et à la Gauche, en reconnaissant toutefois, qu'à Nanterre, le souci de faire avec les citoyens est une pratique que l'on retrouve rarement ailleurs.

Il faut sortir de cet enfermement qui conduit des citoyens, de plus en plus nombreux, à douter de la politique.

 

1) Construire avec les citoyens, sur ce qui les préoccupe le plus, des propositions d'action immédiates.

Gauche Citoyenne, aux cotés d'autres forces de Gauche, s'est attachée, depuis sa création, à prendre sa place dans les combats au quotidien : bataille sur les retraites, élections cantonales, droit de vote des étrangers, soutien aux postiers du 92, défense du logement social, avenir des finances locales, soutien aux travailleurs sans papiers...

Sur le terrain des luttes et des propositions d'action, les six débats de Gauche Citoyenne, organisés dans les quartiers de Nanterre et de Suresnes, ont été l'occasion d'élaborer quelques pistes. Nous souhaitons poursuivre, en prenant en compte l'urgence, mais en faisant les choses dans l'ordre, en évitant de plaquer des solutions avant d'avoir débattu.

 

2) Se réinterroger, pour le plus long terme, sur la façon dont nous faisons de la politique.....en essayant, ce qui n'est pas forcément simple, d'articuler les deux démarches.

Cette question est évidemment, à moyen terme, la plus stratégique. Gauche Citoyenne souhaite conduire, avec tous ceux qui voudront s'y associer, une réflexion sur les limites et les freins à l'action politique, notamment à Gauche.

Il nous semble, en effet que les logiques d'appareil, les accords au sommet, les modes d'élaboration des programmes, les consultations formelles, les combats pour le leadership, pour les candidatures.... Tout cela contribue à freiner l'action politique et la capacité à construire collectivement des réponses.

N'est ce pas cela, finalement, que nous reprochent celles et ceux qui se détournent de la politique ?

 

3) Poser et faire débattre la question, incontournable de l'alternative : adaptation au capitalisme ou dépassement ?

Ces questions seront travaillées avec toutes celles et ceux qui le souhaitent lors du forum que Gauche Citoyenne organisera, à Nanterre, avant la fin de l'année.

Le Front de Gauche nous a sollicités pour un appel commun à la réunion publique du 4 mai.

Nous avons fait part, de nos réserves, parce que le texte proposé, centré sur les échéances électorales, se situe dans le cadre étriqué, ou simplement « élargi », d'un « front de gauche » réduit à un accord de trois partis qui sont au bout d'un processus de choix entre deux candidats.

D'autre part, nous considérons que l'urgence sociale nécessite que des perspectives soient ouvertes pour le court terme mais en étant attentif à ménager le temps nécessaire à l'association des citoyens.

Comme le dit D. Collin dans l'Humanité Dimanche : « Les accords au sommet entre grands et petits partis, les plans de recomposition de la gauche sont voués à l'échec sans cette revitalisation du mouvement par en bas »

 

La situation est grave, toute la gauche est concernée : il y a urgence à y répondre en continuant, avec audace et créativité, un processus fédérateur de toutes les forces de transformation sociale, écologique et politique, quels que soient leurs parcours et leurs sensibilités, des mouvements engagés dans le combat politique et social et des nombreux citoyens qui, bien que non encartés, ont une furieuse envie de travailler à un autre Monde.

 
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La réponse de Gauche Citoyenne

Nous avons bien reçu, le 6 avril,  ta proposition d’un appel commun pour une « réunion publique » qui aurait lieu le 30 avril ou début mai. Comme tu le sais, dans la logique du travail de refondation du rapport au politique que nous menons, nous sommes dans cette période très engagés dans la préparation du « débat action » que nous organisons le 30 avril, autour des participants aux 5 réunions « quartiers populaires et politiques » que nous venons de tenir et de Gus MASSIAH, auteur de « la stratégie altermondialiste ». Tu, nos nouvelles élues, l’ensemble des militants, des citoyens, y êtes cordialement invités.

Le texte que tu proposes est par ailleurs difficilement amendable : il se situe dans le cadre étriqué du front de gauche réduit au cartel de ses trois composantes et dans une visée avant tout électorale. Nous l’avons montré, nous savons aussi nous engager sur ce terrain mais qu’est ce qui justifie, ici, un calendrier aussi rapide ?  Une réunion publique ?  Pour y dire quoi ? A qui ? Avec quel objectif ? Pourquoi cette précipitation, particulièrement à un moment ou des débats compliqués et confus se déroulent au niveau national ?

Nous sommes, à cette étape, plus préoccupés par des questions de fond (cf notre Journal N°1). Avec toutes nos composantes, nous restons bien sûr disponibles, comme toujours, pour un travail commun dans la mesure où, compte tenu de la réalité locale, Gauche Citoyenne n’est pas considéré comme une force d’appoint et où les points d’accord comme les différences sont respectées et prises en compte. Chacun a des idées, des convictions, des propositions, son apport aux luttes : n’est il pas souhaitable, aussi, que cette diversité puisse s’exprimer comme une richesse pour avancer, résister et construire dans les formes que chacun juge utile ?

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voir la sollicitation du PCF / Front de Gauche
 
analyse nationale Martelli PDF Imprimer Envoyer

 

1. L’abstention exceptionnelle relativise toute analyse des rapports des forces. En dehors d’Europe-Écologie (+ 250 000), toutes les forces politiques ont perdu des voix sur les élections précédentes de 2004. Que telle ou telle soit parvenue à enrayer plus que d’autres la défection de son espace électoral n’est certes pas sans signification. Mais, moins que jamais, le scrutin n’a de valeur prédictive pour les scrutins à venir, et notamment les élections à participation plus dense, comme la présidentielle.

Année

Abstention
1er tour

Abstention
2e tour

1979

34,6

34,6

1985

33,3

33,8

1992

29,3

38,1

1998

39,6

45,0

2004

36,1

33,5

2011

55,7

55,4

 

2. Dans ce contexte de crise de légitimité de l’institution et du vote, l’évolution des rapports des forces est rassemblée dans le tableau ci-dessous. Au total, les déplacements globaux sont modestes. Ils sont faibles à gauche (malgré le doublement du score des Verts) ; ils sont plus importants à droite, où la percée du vote frontiste perturbe un peu plus encore l’hégémonie de l’UMP. En tout cas, l’affaiblissement cantonal continu de la droite a permis à la gauche, pour la première fois depuis trente ans, de repasser devant elle et d’inverser le rapport des forces de 2004 (49,5 % contre 48,2 %), mais sans qu’elle retrouve les hauts niveaux des années soixante et soixante-dix (56 % en 1979).

 

% exprimés

1985

1992

1998

2004

2011

Ext Gauche

0,6

0,9

0,6

3,0

0,6

PCF

12,5

9,5

10,1

7,6

7,9

PS

26,4

19,0

23,7

27,9

24,9

Radicaux de gauche

0,9

1,1

1,5

Divers Gauche [1]

1,8

4,1

5,9

5,5

6,4

Verts

0,8

10,0

4,1

4,1

8,2

Centre- UDF

34,7

14,8

13,4

25,8

4,4

Gaullistes- RPR

14,6

13,7

17,0

Divers Droite

14,4

13,5

13,1

11,4

11,6

FN

8,8

12,3

13,7

12,5

15,2

Divers

0,2

0,6

1,8

2,3

Total PC
+ ext. gauche

13,2

10,3

10,7

10,6

8,5

PS + RDG

26,4

19,9

24,8

27,9

26,4

Total GAUCHE

42,1

44,3

45,4

48,5

49,5

Total DROITE

57,9

55,2

53,9

49,7

48,2

Sièges

1985

1992

1998

2004

2011

Ext Gauche

2

8

4

PC

149

108

136

108

116

PS

424

309

646

834

820

Radicaux de gauche

17

33

36

44

51

Divers Gauche [2]

95

151

200

199

Verts

3

3

12

27

Centre- UDF

525

497

330

68

74

Gaullistes- RPR

400

467

303

468

431

Divers Droite

430

341

265

264

FN

1

3

4

2

Divers

9

37

41

Total PC + ext. gauche

149

110

144

112

116

PS + RDG

441

342

682

878

871

Total GAUCHE

590

547

977

1190

1213

Total DROITE

925

1395

977

805

771

 

3. Le résultat est en demi-teinte pour le PS. Alors qu’il avait sensiblement progressé entre 1998 et 2004, en voix (+ 4,1 %) et en sièges (+ 188), il perd 3 % et 14 sièges en 2011, au détriment du PC et d’Europe-Écologie. En région parisienne, il ne réussit pas, une fois de plus, à éradiquer la petite couronne « rouge » malgré son alliance avec EE-LV. Il n’en reste pas moins qu’il reste la force centrale à gauche, alors que le magistère de l’UMP est sérieusement mis à mal à droite. Les Verts réalisent une bonne opération en gagnant 250 000 voix sur 2004 et en doublant leur pourcentage par rapport aux exprimés (de 4,1 % à 8,2 %) et leur représentation en sièges. Leur moindre implantation territoriale continue de les désavantager en scrutin cantonal par rapport à la gauche plus traditionnelle. Plus désappointant pour eux, ils n’ont pas réussi leur installation en Région parisienne, où ils pensaient écorner le capital du PC dans la petite couronne. En cela, se trouve interrompue la série qui, de Bègles (Noël Mamère en 1989) à Pantin (2001), avait vu les Verts participer à la mise à l’écart de vieilles municipalités communistes. La gauche de gauche dans son ensemble ne sort pas confortée du scrutin. Si le Front de gauche peut être satisfait de faire mieux que le PC de 2004 (cf. ci-dessous), sa progression ne compense pas le recul de l’extrême gauche qui a « zappé » cette consultation. Alors que l’extrême gauche avait fait une petite percée en 2004 (3 %), elle se retrouve dans ses basses eaux cantonales (0,6 %). Le total du PC, du PG et de l’extrême-gauche est donc passé, pour la première fois sur ce type de scrutin, au-dessous de la barre des 10 % des suffrages exprimés.

 

4. Le PCF peut souffler. À l’exception de 1998, où il avait été porté par la concomitance des cantonales avec des élections régionales fastes pour la gauche, il a reculé de façon continue depuis 1973 dans cette série de cantons (voir tableau ci-dessus). Cette fois, il progresse légèrement en pourcentages d’exprimés (+ 0,3 %) et en sièges (+ 8). Au final, l’option du « Front de Gauche » choisie par lui se sera révélée positive. Le Front dans son ensemble progresse de 1.3 % et de 13 sièges sur le résultat communiste de 2004. Par ailleurs, en faisant pression sur le ministère de l’Intérieur pour que l’on comptabilise à part les résultats du PC et ceux du PG de Jean-Luc Mélenchon, les communistes étalent au grand jour la place prépondérante qu’ils occupent dans l’alliance esquissée en 2009 (il est vrai que 84 % des candidats du Front de Gauche étaient membres du PCF). Manœuvre à double tranchant : le PC valorise son apport, mais relativise cruellement ses alliés du Front de Gauche, réduits aux yeux de tous à la portion congrue. Davantage encore qu’aux municipales de 2008, le PCF a donc montré qu’il conservait une implantation locale géographiquement inégale, mais au total non négligeable. Sa résistance, amplifiée par la petite dynamique du Front de Gauche, témoigne de ce que l’espace politique français, dans une phase d’incertitude, n’est pas disposé à tourner le dos à cette vieille tradition contestataire et plébéienne qui fit les beaux jours du communisme politique en général et du communisme municipal en particulier. La bonne tenue de la « banlieue rouge » est en cela un signe intéressant de la possibilité d’envisager un autre avenir à la ville moderne que celui des « bonnes gouvernances » alignées sur les standards de rentabilisation inégalitaire des territoires. Les gains communistes dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis suggèrent ainsi que la messe du « Grand Paris » sarkozyen n’est sans doute pas dite.

 

5. Une première analyse des résultats cantonaux permet de nuancer, sans les infirmer, les données nationales évoquées ci-dessus. Cinq tableaux sont présentés en annexe. Les deux premiers sont des synthèses régionales. On y trouve les résultats régionaux du PC de 1985 à 2011, auxquels s’ajoutent les résultats du PG en 2011. Les quatre dernières colonnes indiquent l’évolution entre 2004 et 2011 : les deux premières mesurent l’évolution des scores des candidats communistes (PC), les deux autres celle du Front de Gauche dans son ensemble, incluant les voix du Parti de Gauche (PG) ; la différence est en chiffres absolus, l’indice tient compte du score initial (un indice 120 indique que le pourcentage a augmenté de 20 % de sa valeur de départ ; un indice 80 indique qu’il a diminué de 20 % de sa valeur de départ). Plus un indice est élevé, plus la progression relative est forte. Les deux tableaux régionaux classent les régions, l’un à partir de l’évolution indiciaire du PCF, l’autre à partir de celle du Front de gauche. Les trois autres tableaux s’attachent aux évolutions départementales. Ils présentent trois hiérarchies départementales (les 10 premiers et les 10 derniers départements) : le premier classe les départements selon l’importance du vote communiste en 2004 ; le second selon l’évolution indiciaire du PCF en 2011 (les plus fortes et les moins fortes progressions) ; le troisième selon l’évolution indiciaire du Front de Gauche.

 

6. Si l’on suit les données officielles publiées au lendemain du scrutin, le PCF se présentait dans 1 300 cantons environ contre 1 563 en 2004. Dans les cantons où il était présent en 2004, le PC avait obtenu 8,7 % ; sur le total des cantons où il est présent en 2011, il obtient 9,8 %. Dans 1 259 cantons, il est possible de mesurer l’évolution en 6 ans : on y trouve en effet des candidats étiquetés communistes aussi bien en 2011 qu’en 2004. Dans ces cantons, le PCF est passé de 9,4 % en 2004 à 10,4 % en 2011, soit un gain de 1 %. Dans cet ensemble, il progresse plus que la moyenne dans 715 cantons ; dans 544 cantons, au contraire, il est en baisse par rapport à 2004. Les totalisations départementales donnent des indications intéressantes, et notamment en tenant compte à la fois des résultats du PCF et de ceux du Parti de Gauche. Les candidats communistes du Front de Gauche progressent sur le résultat PC de 2004 dans 49 départements ; ils régressent dans 46 autres départements. Dans 7 départements, les communistes voient leur pourcentage augmenter de plus de la moitié ; dans cette série, le seul département d’influence communiste importante est le Puy-de-Dôme. Sur l’ensemble des 49 départements où le PCF est en progrès sur ses scores de 2004, seuls 10 lui donnaient plus de 10 % à cette date. Les fortes progressions s’observent surtout dans des zones de faible implantation : sur les 27 départements où le PC était au-dessus de la barre des 10 % en 2004, les 2/3 stagnent ou régressent ; au contraire, sur les 27 départements où il avait moins de 5 % en 2004, 15 sont en progrès depuis cette date.

 

7. La prise en considération du total départemental du Front de Gauche accentue le phénomène. Dans huit départements, le Front de Gauche double ou fait plus que doubler le score du PC en 2004, notamment dans le Puy-de-Dôme ; dans 10 autres, il le fait progresser de plus de la moitié. Dans ces 18 départements, seuls le Puy-de-Dôme et la Charente donnaient plus de 5 %. En sens inverse, le FDG est au-dessous du score communiste de 2004 dans 25 départements, dont 10 avaient un score communiste qui dépassait les 10 %. Pour une bonne part, ces résultats différenciés traduisent des rapports différents à la démarche de rassemblement initiée sous l’étiquette de Front de Gauche. Dans certains cas, le label n’était guère plus qu’une manière d’éviter l’image d’un parti replié sur lui-même, le Front n’étant qu’une manière d’habiller la candidature communiste traditionnelle (pratique au demeurant encouragée par la prépondérance écrasante des candidatures de membres du PCF). Dans d’autres cas, au contraire, la dynamique de rassemblement a joué à plein, les trois composantes agissant de concert, parfois avec des essais de mobilisation citoyenne plus large. Dans une vingtaine de cas, enfin (Haute-Vienne, Alpes…), le Front de Gauche a même su dépasser son propre périmètre, jusqu’à associer localement le NPA et la Fédération pour une Alternative Écologique et Sociale (FASE). Dans le cas de la Haute-Vienne, l’ouverture est allé jusqu’au glissement sémantique (« Terre de gauche »). Au final, la hiérarchie du vote PCF n’a pas été bouleversée, mais elle s’est resserrée à son sommet et élargie à sa base. En 2004, 27 départements étaient au-dessus de 10 % ; ils ne sont plus que 21 en 2011. En 2004, 27 départements étaient au-dessous de 5 % ; ils sont 31 en 2011. Tout en haut, le Val-de-Marne est désormais le premier département, devant l’Allier, le Cher, les Hautes-Pyrénées et la Meurthe-et-Moselle. Le Val-de-Marne, en outre, a creusé l’écart avec la Seine-Saint-Denis : en 2004, le pourcentage de voix communistes des deux départements était respectivement de 15,8 % et 13,5 % ; en 2011, il est de 19,6 % et 14,3 %.

 

8. Globalement, le Front de Gauche a permis au PCF d’atténuer sa marginalisation dans quelques territoires de faible implantation, enrayant parfois le processus de marginalisation locale qui, depuis les années 1980, redonne à l’espace électoral du communisme français l’aspect d’un archipel [3]. En revanche, dans des zones d’implantation plus dense, la dynamique du front de Gauche a certes permis au PCF de réaliser de bonnes opérations en termes de sièges, dans le Nord, le Massif central et en Région parisienne. Mais le phénomène n’a pas joué massivement : les « bastions » d’hier sont loin d’avoir retrouvé leur dynamisme ancien. Si le Val-de-Marne, la Haute-Vienne ou les Hautes-Pyrénées profitent sensiblement de l’effet « Front de Gauche », c’est un peu moins le cas dans les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, la Seine-Maritime ou le Nord ; ce n’est pas le cas dans le Vaucluse, la Somme, le Var ou la Corse. La dynamique d’élargissement a joué pleinement en Auvergne, dans le Limousin, en Midi-Pyrénées et en Ile-de-France ; elle a moins fonctionné dans le Languedoc-Roussillon, dans le Nord-Pas-de-Calais ou en Haute-Normandie ; elle n’a pas enrayé le recul en PACA, en Picardie ou en Corse.

 

9. Au total, les cantonales de 2011 auront délivré bien des messages préoccupants, au-delà même de la catastrophique mais fort explicable abstention. Alors que les études d’opinion révèlent un tassement certain des marqueurs symboliques « libéraux » (recul des valeurs associées au capitalisme, à la concurrence et à la privatisation) et un recul des valeurs xénophobes et sécuritaires, les indicateurs proprement politiques sont plus ambigus. Les difficultés du sarkozysme ont accentué la radicalisation de la droite, en élargissant et en banalisant l’expansion d’un Front national qui vise désormais son insertion dans le panorama de la droite, comme la pointe extrême de la droite davantage que comme une extrême-droite. Quant à la gauche, si elle progresse, ce n’est pas sur la base d’une radicalisation à gauche : si l’espace électoral du socialisme a été grignoté, c’est moins par la percée de son flanc gauche que par celle d’une écologie politique pour l’instant passablement recentrée. Autour des cantonales, la pression du phénomène Marine Le Pen et l’hypothèse plausible d’une présence du Front national au second tour vont-ils raviver la tentation des rassemblements vers le centre ? Le « Front républicain » du second tour n’a pas fait aux cantonales la preuve de son dynamisme électoral. Mais, en cas de radicalisation prolongée à droite, la propension au vote utile risque d’être forte à gauche. Jusqu’à quel point ?

 

http://www.regards.fr/politique/elections-cantonales-ce-que-disent

 
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Et maintenant, portons nos aspirations au Conseil Général !

 

Un « Front de Gauche » en voie de renouvellement - Il a besoin pour avancer encore de s’élargir, de promouvoir sa propre organisation et ainsi d’aller au-delà du simple cartel de partis-, associé souvent lors de cette élection à d’autres forces politiques comme le NPA,  le M’PEP ou la Fédération (FASE), ou ouvert à des associations citoyennes (AGB Autre Gauche en Bourgogne, Limousin Terre de Gauche…) obtient au niveau national 8.92% des voix.

A Nanterre, nos candidats, soutenus par des personnalités, des responsables d’association, de nombreux citoyens et citoyennes, par le front de gauche et par Gauche Citoyenne, inscrits dans la continuité du travail mené par le maire, Patrick Jarry, et la députée, Jacqueline Fraysse, sont élus après avoir été placés largement en tête au premier tour : dans le canton sud est,  Nadine Garcia, avec son suppléant Mohamed Allal, maintient ses positions (36,4% contre 36,8% en 2004) ; dans le canton sud-ouest, Marie-Claude Garel et Samir Abdelouahed, tous deux membres de Gauche Citoyenne, progressent de 5% (30,6% contre 25,1% en 2004) alors qu’ils étaient en compétition avec les leaders locaux de l’UMP et du MODEM et plusieurs maires adjoints ; la gauche dans son ensemble progresse. En leur accordant au second tour 74,3% des voix, Nanterre rassemblé inflige une lourde défaite au Front National.

Mais par delà ces bons résultats, retenons surtout ces enseignements.

-         la déroute de l’UMP qui totalise à peine 11,37% des votants : c’est la défaite du Président Sarkozy et de son gouvernement et ce n’est que justice : deux ans après la crise, les banques qui ont bénéficié des subventions de L’Etat, renouent avec les profits  alors que les salariés continuent de trinquer et voient leur retraite remise en cause.

-         le taux d’abstention record : deux tiers des inscrits ne sont pas allés voter.

-         Le score inquiétant du Front National  qui surfe sur le légitime mécontentement et trompe les électeurs alors que l’extrême droite n’a jamais nulle part apporté de solutions concrètes aux problèmes des gens.

Ce deux dernières tendances renforcent  Gauche Citoyenne dans la nécessité de redonner confiance et perspective,  de développer la démocratie et l’intervention citoyenne, dans son pluralisme et sa diversité, de renouveler les formes de participation. Il faut de nouveaux espaces, dynamiques et efficaces, réactifs, d’élaboration, de construction, de militantisme politique. C’est l’objet de la démarche « les quartiers populaires et la politique » que nous menons depuis plusieurs mois, qui a apporté dans la campagne électorale et que nous allons continuer d’amplifier avec et après notre rendez vous du 30 avril, pour favoriser l’investissement de chacun.

 
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