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Atelier “droit à l’accès à l’eau”

3 questions sur l'eau

 

Par Jean Claude OLIVA ,Journaliste spécialisé et concepteur de l'Université populaire de l'eau et du développement durable à Ivry


Quels sont les enjeux d'une gestion alternative de l'eau dans la ville ?

J-C. O. : Alternative à tout rejeter dans le réseau d'assainissement j'entends : il serait logique de ne pas gaspiller de l'eau potable pour le jardin, les toilettes ou les voitures. Rejeter l'eau de pluie dans les stations d'épuration, conduit à les surdimmensionner et à les rendre moins efficaces. De plus, l'imperméabilisation croissante des sols aggrave les inondations. Enfin, l'eau peut " climatiser " la ville. à Berlin, sur la Potsdamer Platz, un bassin alimenté par des eaux de toîture permet de rafraîchir le quartier en été : c'est mieux que d'acheter des climatiseurs !

Quelles pratiques alternatives de gestion de l'eau se sont développées en Europe ?

J-C. O. : Voici quelques exemples allemands. à Hanau, l'eau de pluie, plus efficace pour le lavage que l'eau potable car elle nécessite moins de détergents, est utilisée pour la station de bus de la ville. à Offenbach, un grand hôtel récupère l'eau des douches pour les toilettes et le lave-linge, et ce, dans un intérêt purement économique ! à Wettenberg, dans une zone de 25 hectares, il n'y a aucun rejet au réseau, l'eau est filtrée, décantée et revendue aux entreprises (horticulture), ou mise à la disposition des pompiers.

Quid de la qualité sanitaire de l'eau recyclée ?

J-C. O. : La récupération de l'eau de pluie mise en place voici 20 ans en Allema-gne produit une qualité " eau de baignade " selon une norme européenne : elle n'est pas considérée comme " potable ", mais ne nuit pas à la santé si on l'avale accidentellement. En France, la réglementation très stricte n'autorise que l'usage de l'eau dite " potable ". Alors, vérité ici, erreur Outre-Rhin ? Il est grand temps d'ouvrir le débat.