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Atelier “droit à l’éducation et à la formation”

 

Tous les apprentissages doivent se faire dans un cadre éducatif qui relève de la responsabilité partagée des acteurs (enseignants, parents, associations, élus…) ; en effet, dans un monde diversifié et riche, l’offre éducative et culturelle doit être hétérogène prenant en compte la multiplicité des environnements, des individus  et de leurs valeurs partagées en construction. La ville de Nanterre se veut éducatrice, mais les résultats scolaires et l’insertion sociale et professionnelle des jeunes sont encore insuffisants, au regard même de l’offre d’emplois locaux et régionaux.

Pour animer le débat : Jean Roucou (association Prisme, ancien Médiateur de la République en Seine Saint Denis, initiateur du PEL d’Argenteuil), Guy Georges (pédagogue), Régis Signarbieux (enseignant), Eric Pateyron (directeur d’école), Martine Fourier  (présidente de CERISE, docteur en éducation)       

« Comment travailler ensemble, à partir des missions pour que les espérances de chacun pour tous  les enfants et jeunes puissent se fédérer, se confronter et construire ensemble des parcours qui dépassent les difficultés sociales ?  Comment sortir du recours au secteur marchand, à la recherche de la performance individuelle, aux stigmates des quartiers et reprendre confiance dans les capacités de tous les enfants et jeunes, porteurs de l’avenir de la ville ? »

    « Depuis plus de 60 ans, l'école laïque est confrontée à deux obstacles. D'une part, les gouvernements successifs n'ont jamais mis en œuvre correctement les réformes du système scolaire issu de la fin du XIXème siècle, réformes  rendues nécessaires par  les évolutions techniques, scientifiques, sociales, et des enjeux politiques qu'elles sous-tendent. D'autre part  le malthusianisme forcené des gouvernements de droite était explicitement lié à leur volonté d'opposer à l'école de la République, qu'ils avaient pourtant mission de développer, des établissements privés d'enseignement concurrents auxquels ils ménageaient ainsi un espace de plus en plus grand. Telle est la question majeure dont découle les actes du gouvernement actuel et qui est liée à l'avenir démocratique de la Nation Pourtant les solutions existent depuis 40 ans, des solutions qui réussissent la véritable démocratisation de l'enseignement et redonnent sens, efficacité et grandeur au service public d'enseignement. » Guy Georges, militant syndical et pédagogue

« L'éducation  -et plus précisément l'enseignement doit être replacée- certes dans le contexte social mais surtout,  dans les évolutions des  emplois, dans une pédagogie du parcours et de la validation d'acquis scolaires conduisant à travailler d'une manière plus collective dans les établissements et les groupes d'enfants. Il y a aussi la nécessité d'associer davantage les familles aux pratiques éducatives au sein même des établissements et d’autre part, de s'approprier les outils  numériques pour construire avec les jeunes eux-mêmes  leurs appropriations de connaissances ; Faute de quoi, la fracture numérique renforcera la fracture sociale. Il y a donc nécessité de revoir les espaces dédiés à la formation, en les élargissant aux adultes en vue de constituer des pôles  de formation tout au long de la vie par la co-construction des parcours. Le partage/portage réciproque des connaissances est à faire émerger  sans tomber dans une socialisation rampante du champ social, avec à l'inverse la socialisation du champ scolaire comme c'est le cas actuellement. Pour cela, on doit dépasser les agencements post et périscolaires actuels pour les inscrire dans un projet territorial et social plus large et surtout plus ambitieux de reconnaissance des ressources humaines notamment celles porteuses de sens. C'est par un projet Education et de Formation Tout au long de la Vie, réunissant les intelligences territoriales  portant collectivement  le projet émancipateur de la Nation en des lieux, des temps et des professionnels perçus à égalité de capabilités que nous pourrons franchir le cap et resituer l'institution scolaire comme un levier de l'émancipation collective et pas seulement de l'instruction publique pour tous . Et ce n'est pas hélas qu'une question de moyens humains ! » Jean Roucou (élu à la Ferté sous Jouarre, président de PRISME)