accueil quartiers populaires et politique compte rendu suresnes 22 mars

télécharger "l'avenir en marchant"

PDF Imprimer Envoyer

Quelle structure pour des militants polymorphes ?

Le 22 mars dernier, Gauche citoyenne organisait une projection-débat à l’école Vaillant-Jaurès, dans le haut de Suresnes, autour du documentaire sur les quartiers populaires et la politique.

 

 

 

IMGP3904web

 

C’est surtout sur la façon de faire de la politique qu’ont porté les débats entre une trentaine de participants, en s’appuyant sur les extraits du film-documentaire. Peut-on encore croire à la politique aujourd’hui ? Comment peut-on faire de la politique ? Avec qui ? Dans quelles structures ? « A Suresnes, on est encore loin de la démocratie participative », regrette ainsi une responsable associative à propos des Conseils de quartier.

Un jeune Suresnois voit dans le documentaire la confirmation de la défiance généralisée envers les instituions et les élus locaux et regrette « le manque d’engagement des jeunes » convaincus que quelque soit les élus, les choses ne changeront pas. Un militant socialiste a souligné sa position d’élu de proximité proche des citoyens. Un autre intervenant a indiqué que « les élus ne peuvent pas tout », considérant que les jeunes veulent s’engager, mais ne font pas confiance aux structures existantes. Un responsable local du PCF, tout en reconnaissant que le Front de gauche, à l’heure actuelle, n’est qu’une association de partis au sommet, ne veut pas désespérer des partis politiques qui ont encore un rôle à jouer. Un autre est plus circonspect, considérant que le PCF est « incapable de répondre aux aspirations des jeunes ». La question des raisons pour lesquelles les habitants des quartiers populaires, premières victimes des choix politiques actuels, ne s’investissent pas plus pour orienter différemment ces choix, est revenue à plusieurs reprises.

 

 

 

IMGP3914web

 

 

 

Qui aujourd’hui peut encore se réclamer de la gauche, alors que la plupart des partis socialistes européens cautionnent la politique libérale ? C’est une raison supplémentaire de s’engager pour peser sur le PS en France et l’ancrer à gauche. Pour une autre intervenante, la question principale reste celle de la démocratie participative, « le militant ne pouvant plus être cantonné au collage des affiches et le citoyen au vote ». Un militant a tenu à souligner que Gauche citoyenne ne se situe pas dans une logique de revanche et n’aspire pas à prendre la place des partis politiques mais souhaite au contraire s’engager avec eux pour construire une alternative. Pour autant, les lieux de réflexion dépassent largement les partis politiques et se sont multipliés à côtés d’eux, dans les syndicats ou les associations, permettant aux citoyens d’acquérir leur propre expertise. De ce fait, « les partis politiques ne peuvent plus dicter leurs opinions aux militants ».

C’était la cinquième projection-débat sur ce thème des quartiers populaires et la politiques organisé par gauche citoyenne. Les participants se sont donné rendez-vous pour une grande réunion de bilan le 30 avril prochain à Nanterre, en présence de Gus Massiah, économiste, auteur d’ « Une stratégie altermondialiste » (éditions La Découverte).