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Panama Papers et Nuit debout ne font qu’un PDF Imprimer Envoyer

 

 L’actualité de la semaine est dominée par deux évènements :

 - A l’échelle planétaire, la révélation par plus d’une centaine de journaux, dont Le Monde, de la plus grande fraude fiscale jamais démontrée, dans laquelle sont compromis des milliers de banquiers, chefs d’état, chefs d’entreprises, sportifs, de plus de 200 pays ;

- A l’échelon de la France, la naissance du mouvement citoyen libertaire « Nuit debout » (ou du 32 mars, car né dans la nuit qui a suivi le 31 mars) qui rejette le projet de loi sur le Travail, mais plus généralement l’ensemble du système politique pseudo-représentatif qui nous régit.

 

En première analyse, on pourrait se dire que c’est le hasard de l’actualité qui rapproche ces deux évènements. Pourtant, toute analyse sérieuse montre qu’ils ne sont que deux facettes d’un même système global qui s’aggrave depuis près de quarante ans. Et rien n’est plus important que la prise de conscience par le plus grand nombre de citoyennes et de citoyens de tout âge, jeune et moins jeune, que le scandale des Panama Papers et l’émergence de Nuit debout sont deux conséquences inéluctables de la même mondialisation financière.

   

Car, à l’origine de tout ceci, se trouvent les décisions prises par les gouvernements anglo-saxons de Reagan et de Thatcher, suivies par ceux du monde entier, de laisser circuler les capitaux, puis les marchandises, sans aucune règle : le pire était assuré, comme dans une circulation automobile, sans code de la route ! Tout s’en est suivi :

 

  • La formidable aggravation des inégalités de revenus et encore plus de fortunes.

  • La paupérisation de l’ensemble du monde du travail, avec une précarisation croissante et le chômage de masse.

  • Le saccage écologique de la planète, avec le réchauffement climatique, et peut être pire, l’effondrement de la biodiversité.

  • La régression démocratique, avec la perte de légitimité des instances anciennement admises comme représentatives, l’extension de la corruption et la criminalisation croissante de la vie publique.

  • La montée des tensions géopolitiques et le développement des situations de guerre et du terrorisme.

 Par dessus tout, partout dans le monde, sur tous les continents, dans toutes les sociétés, quelque soient leurs cultures et leur histoire, une démoralisation générale, une perte des valeurs et l’absence de perspectives positives.

   

Alors, fort heureusement émergent des contre tendances qui conduisent spontanément des citoyens, jeunes et moins jeunes à s’indigner en Espagne, à occuper Wall Street, à balayer les partis gouvernementaux un peu partout en Europe et dans le monde. Ces insurrections citoyennes ne réussissent pas partout, elles peuvent être édulcorées, dévoyées, car le cœur du système mortifère, la finance mondialisée, est encore maître de ses mouvements. Mais peut-on ignorer l’histoire, et qu’il fallut bien des jacqueries paysannes, avant que l’Ancien Régime ne s’effondre ?

   

Où ? Quand ? Comment ? Cela demeure inévitablement imprédictible, mais plus nombreux seront ceux qui s’en convainquent, et passeront leurs nuits, et leurs jours, debout, mieux cela sera.

 Dominique Taddéi