les Etats genéraux des retraites et le Mauss Imprimer

Deux messages diffusés sur des listes différentes rappellent la nécessité de maintenir la lutte sur les retraites.

Celui d'Attac France vise à l'ouverture d'Etats Généraux sur les retraites.
Celui de Patrick Braibant signale l'initiative de la Revue du MAUSS pour une délibération citoyenne sur les retraites. Celle-ci est disponible sur
http://www.journaldumauss.net/spip.php?article731.

L'intérêt majeur, à mon avis, de l'appel du MAUSS est la contestation sous-jacente de la légitimité d'une décision, certes légale, puisque le parlement s'est prononcé selon ses règles, mais anti-démocratique, puisque le peuple est exclu de la décision.

A l'occasion des luttes contre la réforme des retraites, ont été entendus des slogans remettant en cause la légitimité du pouvoir en regard des fondamentaux de la démocratie tels que la participation populaire réelle et le consentement de l'opinion publique. De fait, à cette occasion, est illustré une fois de plus l'écart - si ce n'est le gouffre - qui existe entre l'institution gouvernementale ( exécutif et législatif confondus ) et la démocratie. De fait, le pouvoir est au service de l'Internationale capitaliste, et non au service du bien commun, principe de base de la démocratie.

Or, cet écart est structurel à la démocratie dite libérale, celle que nous connaissons. Celle-ci organise l'éviction des citoyens. Il n'y aura pas de progrès social tant que nous ne le reconnaîtrons pas car les luttes resteront dispersées. L'heure, au contraire, est à la convergence des luttes car toutes les attaques que nous subissons sont le produit d'une seule politique.

L'idée d'Etats Généraux des retraites est, me semble t-il, une bonne idée. Mais à une condition : qu'il ne s'agisse pas uniquement d'une initiative sectorielle supplémentaire, comme il en existe tant, mais d'elle soit l'occasion d'une reconnaissance, celle de la nécessité de transformer les institutions - toutes les institutions, donc également celles de l'économie - pour un meilleur fonctionnement de la démocratie. Et même si, comme le dit Jacques Rancière, aucun Etat ne peut faire la démocratie, il existe cependant des formes d'organisation des pouvoirs qui permettent de mieux lutter contre la corruption et les intérêts personnels des oligarchies.

 

Didier