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Smaïn LAACHER, mercredi 09/03
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Succès de la soirée Educ'Pop'GC mercredi 9 mars 2016

 

"Migrations : 2015, une nouvelle phase ?"

 

Avec Smaïn LAACHER

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Professeur de sociologie à l'Université de Strasbourg.

Directeur du Centre Constructions de l'Europe, mobilités et frontières (UMR 7367 Dynamiques Européennes). Université de Strasbourg.

Chercheur associé à l'Institut nationale des études démographiques (UR12)

 Membre associé au Centre d'étude des mouvements sociaux (CNRS-Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)

 

De 1998 à 2014, il a été Juge assesseur représentant le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à la Cour nationale du droit d'asile (Paris).

 

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Smaïn Laacher, Professeur de sociologie à l’université de Strasbourg (UMR 7367 Dynamiques Européennes).

 

Il ne se passe pas un jour sans que l’immigration ne fasse l’objet de controverses interminables. A tort ou a raison. Ne pas en parler, garder le silence, faire comme si il ne se passait rien pour « eux », ni pour « nous », ni « entre nous », c’est dépolitiser cet objet à bien des égards central du discours politique. Ne pas cesser de l’invoquer (quelque soit le mois ou l’année ; période électorale ou non), pour dire, selon les uns et les autres, toute la vérité sur la véritable place que devrait occuper ces populations dans l’ordre national, c’est contribuer à essentialiser des pratiques sociales et donc placer ces populations à l’écart d’un monde commun. Alors comment construire un récit qui ne soit pas immédiatement une position ou de parti pris ? Comment construire, sur un thème aussi idéologique que les immigrés et l’immigration, un discours qui s’écarterait d’une vision quelque peut bêtifiante sur la « neutralité » et qui contredirait une série d’idées reçues qui forcément heurteraient des intérêts sociaux : le silence et le « bon sens » des politiques (de droite et de gauche d’un bout à l’autre de l’échiquier politique), et les intérêts de toute sorte des porte-parole et des hauts parleurs qui ont besoin d’idées simples (pour ne pas dire simplistes) et de slogans définitifs ? Le dernier ouvrage de Patrick Weil (avec Nicolas Truong, Le sens de la République, Grasset, 2015) nous offre, avec une remarquable nuance dans le propos et l’analyse, un point de vue empiriquement fondé non pas sur les immigrés et l’immigration mais sur les liens historiquement construits entre la République et ses étrangers (réels ou imaginés). La République comme mode d’organisation politique de la société et cadre institutionnel et symbolique rendant possible (et vivable) l’existence d’une communauté de personnes ayant entre elles quelque chose en commun. La République est une chose publique et c’est bien ainsi que Patrick Weil l’entend.

 

Le sens fondamental de cette République française qui n’a cessé, on l’oublie trop souvent, de penser les conditions de l’inclusion, en droit et en pratique, de l’étranger, l’auteur nous le montre et le démontre avec maîtrise et subtilité en mobilisant une pluralité de perspectives : historique, juridique, sociologique et politique. Et c’est là tout l’intérêt de cet ouvrage car ces systèmes de compréhension ou ces disciplines sont rarement tenus ensemble, particulièrement lorsqu’il s’agit d’immigration. Quelque soit le thème abordé par l’auteur de l’ouvrage : les immigrés et leurs enfants, la laïcité aujourd’hui, les frontières et l’Etat-nation, les pratiques religieuses, les mémoires et leurs rapports à l’histoire, l’histoire coloniale, les discriminations, l’intégration nationale des immigrés, le droit de la nationalité et la naturalisation, les modes d’appartenance culturelles et symboliques à la nation française, etc., Patrick Weil ne renonce à aucun moment à la contextualisation historique et à la comparaison des pratiques et des politiques publiques des différents Etats de l’Union européenne en matière de gestion des populations immigrées, mais aussi entre l’UE et les Etats-Unis. Si le présent est de l’histoire en acte, alors cet ouvrage nous en offre un exemple probant et argumenté. Ce qu’il dit à propos de l’identité de la France mérite d’être rappelé.

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